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BU Angers, 19 h 28, début dans 2 minutes…

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Faire écrire dans les facs, ça oui, longtemps que je le fais, et expériences en cours, vrais enjeux. Mais écrire dans la bibliothèque universitaire, qui rassemble étudiants de toutes disciplines, les accueille hors cours et sans enjeux, mais pour décaler l’outil commun, l’outil premier, le langage ?

Première fois donc que j’interviens dans une bibliothèque universitaire. Et pas n’importe laquelle, puisque toute neuve, et qu’une des très rares en France à oser ouvrir le soir jusqu’à 22h30 (grâce à la présence de moniteurs étudiants) : grand cohérence d’ensemble donc – et nos séances s’installent délibérément en nocturne… Et pourquoi pas mêler étudiants, enseignants, personnels…

Nos séances seront systématiquement accompagnées d’expérience web, aux manettes de Tiers Livre moi-même et Daniel Bourrion. Merci à Olivier Tacheau et à l’équipe de la BU.

Ci-dessous ma première séance, telle que je vais la présenter. Les commentaires sont bien sûr ouverts pour vos propres contributions.

Repensez aux livres qui comptent : on sait y associer les noms de lieux cités par le récit. Souvent, ces toponymes structurent même l’entreprise même du récit (Madame Bovary et Yonville-l’abbaye). De même, l’ensemble des noms de personnes que chacun pourrait décliner comme ayant été son bottin personnel – qui ne saurait faire la liste de ses médecins, de ses instituteurs, des amis de ses parents et ainsi de suite.

Ce lien des toponymes et de la fiction, on peut le faire entrer dans le livre : les étymologies vraies ou fictives de Balbec, les digressions du curé et de Brichot, sont un rouage des plus centraux de la Recherche – et encore plus quand Proust, sur le tard, emmène Combray de l’Eure à la Champagne pour le lier à la guerre 14-18 qui s’achève.

Donc double enjeu en profondeur, pour l’identité sociale, et pour l’identité géographique. Évidemment, deux points sismiques, où les récentes mutations urbaines ont volatilisé les règles. Là où le nom propre, de personne ou de lieu, contribuait à ancrer le rapport au monde du récit, l’appui n’existe plus : le bassin des noms de personne réduit statistiquement, on tente d’enrayer en légiférant, les noms de lieux s’effacent dans l’étalement urbain, lotissements à noms d’oiseaux, capitales d’Europe ou écrivains célèbres, puis litanie des hommes politiques, Jean-Jaurès, René Coty, Charles de Gaulle… Le nom même des villes n’a plus statut d’identité, les fonctions les plus emblématiques d’ailleurs passées aux communautés d’agglomération. « Tours Plus » n’est pas une ville, mais avale la spécificité des communes de l’hyper-ville (y compris la Ville-aux-Dames où tous les noms de rue sont au féminin).

Lire la suite :

http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2292

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