Journée du patrimoine – Découvrez sept siècles de Bibliothèque nationale

Posté par Serge Bénard le 16 septembre 2010

Charles V, « le Sage », installe en 1368 au Louvre, dans la tour de la Fauconnerie, sa Librairie particulière, riche de neuf cent dix-sept manuscrits, d’après l’inventaire de son garde Gilles Malet. Mais, à cette époque, les collections royales sont irrémédiablement dispersées à la mort de leurs propriétaires. C’est à partir de Louis XI, roi de 1461 à 1483 et véritable fondateur de la Bibliothèque Nationale, que la continuité de celle-ci est assurée, à l’image de la permanence dynastique.

La création du dépôt légal

Transportée à Amboise, puis à Blois, la Bibliothèque rejoint la collection de la nouvelle Librairie que François Ier a créée en 1522 à Fontainebleau et confiée à l’humaniste Guillaume Budé. En 1537, le roi introduit un principe nouveau par une ordonnance du 28 décembre, enjoignant aux imprimeurs et aux libraires de déposer à la librairie du château de Blois tout livre imprimé mis en vente dans le royaume. Cette obligation, appelée dépôt légal, constitue une étape fondamentale pour la bibliothèque. Ramenée à Paris, dans la seconde moitié du XVIe siècle, elle traverse, non sans dommages, les guerres de religion.

« Grande, rare et précieuse »

La Bibliothèque connaît son véritable développement à partir de 1666 sous Colbert, qui a pour ambition d’en faire un instrument à la gloire de Louis XIV. Il l’installe dans le quartier qu’elle occupe encore en faisant transférer les collections royales qui ne pouvaient trouver place au Louvre. Il mène une politique d’accroissement des collections, achetant ou recevant en don un grand nombre de bibliothèques privées, comme celle de Loménie de Brienne concernant l’histoire de France ou celle de l’orientaliste Gilbert Gaulmyn.

L’ère des grands bibliothécaires

En quelques décennies, la Bibliothèque s’empare de la première place en Europe. Les livres deviennent si nombreux qu’on ne peut plus se fier à la mémoire des bibliothécaires pour les retrouver. Nicolas Clément, entré à la bibliothèque du Roi en 1670, élabore une classification des livres imprimés dont les grands principes sont encore utilisés de nos jours. Les ouvrages sont répartis en vingt-trois classes, représentées chacune par une lettre de l’alphabet. Quant aux manuscrits, ils sont classés par langue et par sujet.

L’abbé Bignon, nommé bibliothécaire du Roi en 1719, va donner à la bibliothèque un éclat sans précédent. Il l’organise en cinq départements.

L’abbé Bignon poursuit l’œuvre de ses prédécesseurs en matière d’acquisition de documents, très soucieux de faire entrer tous les ouvrages importants de l’Europe savante. Il se préoccupe aussi de faciliter l’accès de la Bibliothèque, aux savants comme aux simples curieux. En 1720, un arrêt du Conseil décide qu’ »outre les entrées accordées aux savants, la Bibliothèque sera ouverte au public une fois la semaine, depuis 11 heures du matin et jusqu’à 1 heure après midi. » En 1721, il fait procéder aux premiers transferts des collections de la bibliothèque dans des bâtiments implantés sur le site Richelieu.

Les bouleversements de la Révolution

La Révolution française marque profondément la Bibliothèque. Le dépôt légal est supprimé pendant trois ans. Pourtant, la bibliothèque du Roi, devenue Nationale, enrichit considérablement ses fonds pendant cette période grâce aux confiscations pratiquées en France et à l’étranger : biens du clergé, bibliothèques des émigrés, collections particulières des princes… Les bibliothèques privées de Louis XVI, de Marie-Antoinette, de Madame Elisabeth viennent ainsi enrichir les collections nationales. On estime qu’au total deux cent cinquante mille livres, quatorze mille manuscrits et quatre vingt cinq mille estampes rejoignent la Bibliothèque

De nouveaux moyens aux XIXe et XXe siècles

L’entrée en grand nombre de ces documents due aux confiscations révolutionnaires ne fait que rendre plus aigu le manque de place dont souffre alors la Bibliothèque. La première moitié du dix-neuvième siècle est une longue période de tâtonnements. Tandis que de nombreuses voix réclament le déménagement de la Bibliothèque, d’autres s’impatientent du retard pris dans le catalogage des documents. En 1858, une commission conduite par Prosper Mérimée rédige un rapport sur les modifications à introduire dans l’organisation de la Bibliothèque impériale. Ses conclusions sont en partie reprises par Napoléon III qui confie à l’architecte Henri Labrouste la reconstruction sur place d’une partie des bâtiments. Celui-ci remet en état l’hôtel Tubeuf et la galerie Mazarine, dégage le jardin Vivienne, édifie sur l’emplacement de l’hôtel de Chevry les bâtiments en bordure des rues de Richelieu et des Petits-Champs. Son nom reste surtout attaché à la construction de la salle de travail des Livres imprimés (1868) où triomphe l’emploi de la fonte. Les moyens sont donnés de poursuivre l’impression des catalogues. Ce redressement sera poursuivi par Léopold Delisle, médiéviste, administrateur général. A partir de 1874, il lance la réalisation du Catalogue général des livres imprimés dont la partie Auteurs ne sera terminée qu’en 1981. Une politique d’acquisitions de manuscrits d’écrivains est stimulée par le célèbre legs de Victor Hugo en 1881.

Extensions et modernisation

Au XXe siècle, la Bibliothèque ne cesse de croître : construction de trois annexes à Versailles (1934, 1954 et 1971) ; ouverture d’une salle des catalogues et des bibliographies (1935-1937) ; ouverture d’une salle de travail pour les périodiques (1936) ; installation du département des Estampes à côté de l’hôtel Tubeuf (1946) ; transfert des Cartes et plans à l’hôtel Tubeuf (1954) ; surélévation du magasin central des Imprimés (1958) ; ouverture d’une salle spéciale pour les Manuscrits orientaux (1958) ; construction d’un immeuble au 2, rue Louvois pour les départements de la Musique et de la Phonothèque (1964) ; construction d’un bâtiment au 61 de la rue de Richelieu pour les services administratifs (1973) ; aménagement d’une série d’immeubles de part et d’autre de la Galerie Colbert, au 2-4 de la rue Vivienne, pour les services d’entrées des documents imprimés et pour l’informatique (1985).

A l’aube du troisième millénaire

L’arrivée de plus en plus massive des collections pose des problèmes de conservation de plus en plus aigus, et la demande de plus en plus forte des lecteurs inquiète les responsables successifs de la Bibliothèque Nationale. Malgré son effort de modernisation et d’informatisation, l’établissement a du mal à s’adapter aux nouvelles conditions de la production imprimée et de la demande de lecture.

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http://www.bnf.fr/fr/la_bnf/histoire_de_la_bibliotheque/a.sept_siecles.html

 

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